Ticket repas, remboursement de frais de bouche : quelles sont les règles pour l'entreprise ?

Qu’il s’agisse du remboursement de frais de bouche engagés par le salarié dans le cadre de son activité, ou de la possibilité pour un chef d’entreprise de déduire ces frais de ses impôts par exemple, les règles et conditions d’application sont extrêmement précises et définies par l’administration fiscale. Explications.
Les règles de remboursement des frais liés à la restauration des salariés pour l’entreprise
Une entreprise est tenue de rembourser les frais de repas pris en charge par ses salariés dans deux cas précis. D’abord quand ces frais sont occasionnés par un déplacement professionnel ou par l’obligation pour le salarié d’être présent sur un chantier. Il s’agit donc de cas où le salarié n’a pas la possibilité d’aller se restaurer à son domicile ou sur son lieu de travail habituel. Ces sommes remboursées ne sont pas considérées comme du salaire. Elles ne sont donc pas soumises à l’impôt sur le revenu pour le salarié, ni aux cotisations sociales dans une certaine limite fixée par les services fiscaux. Ainsi, le remboursement qui est versé au salarié est exonéré de ces cotisations jusqu’à 18,80 € par repas. S’il s’agit du remboursement de repas pris sur un chantier, cette exonération est au maximum de 9,20 € par repas.
Ensuite, une entreprise doit rembourser un salarié qui est contraint de prendre ses repas sur son lieu de travail en raison de ses horaires de travail ou de conditions particulières d’organisation. Dans ce cas-là, l’indemnité de restauration versée n’est pas soumise aux cotisations sociales.
Le remboursement de ces frais de bouche peut prendre soit la forme d’une indemnisation forfaitaire versée au salarié, soit un défraiement correspondant au montant des dépenses réellement engagées (remboursement de frais réels). Dans ce dernier cas, le salarié doit fournir une facture justifiant ses dépenses de repas qui mentionne la date de la dépense, le lieu, sa nature et son montant. Le remboursement forfaitaire des frais de repas est généralement utilisé quand le salarié est très souvent amené à manger à l’extérieur comme c’est le cas par exemple pour les commerciaux. Il se concrétise par le versement mensuel d’une prime fixe, très souvent mentionnée dans le contrat de travail. Avec ce remboursement au forfait, le salarié n’a pas à fournir de factures comme justificatifs.
Dans quelles conditions un chef d’entreprise peut-il se faire rembourser ses frais de repas ?
Un travailleur indépendant (gérant de société, gérant assimilé salarié, entrepreneur individuel) a la possibilité de déduire de l’impôt de sa société les frais de repas qu’il prend sur son lieu d’activité sous certaines conditions, s’il est soumis à l'impôt sur le revenu (IR) sous le régime des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou des bénéfices non commerciaux (BNC). Ces frais de repas qui donnent droit à cette déduction sont dits « supplémentaires ». Ils correspondent à la somme qui dépasse le montant d’un repas que le dirigeant aurait normalement pris à son domicile, estimé par les pouvoirs publics à 4,85 € en 2019, dans la limite maximum d’un montant déductible des impôts équivalent à 13,95 € par jour.
Pour bénéficier de cette réduction d’impôt, les frais de bouche du chef d’entreprise doivent être justifiés par la trop grande distance entre le lieu où il exerce son activité et son domicile et par une nécessité de son activité professionnelle (déplacement professionnel chez un client, repas d'affaires, etc.). Cet avantage ne concerne en aucun cas les repas pris pour convenances personnelles. Ces frais doivent aussi avoir été engagés et faire l’objet d’une pièce justificative comme une facture de restaurant par exemple.
À noter qu’un chef d’entreprise, contrairement à un salarié, ne peut pas se faire rembourser ses frais de bouche de manière forfaitaire. Ses frais de repas doivent être remboursés à l’euro près avec la fourniture obligatoire de justificatifs. Il peut toutefois déduire ces frais du résultat de son entreprise s’ils ont un lien très étroit avec l’intérêt de la société.
Les frais de déjeuners d’affaires, c’est-à-dire lorsqu’un chef d’entreprise invite des clients ou des prospects, sont eux systématiquement déductibles du résultat de la société à condition de fournir l’identité des invités ainsi que le nom des entreprises qu’ils représentent.
Dossiers similaires
-
Franchiseur : quelles obligations vis-à-vis de ses franchisés ? La franchise est un mode de fonctionnement qui rencontre de plus en plus de succès puisqu’il génère plus de 60 milliards d’euros par an. Ce modèle séduisant s’avère plus rassurant pour...
-
Comment estimer la valeur d'un fonds de commerce en vue d'une vente ? À un moment de son existence, et en particulier en vue de sa vente, une entreprise peut être amenée à céder son fonds de commerce, c’est-à-dire les éléments incorporels et corporels qui la...
-
Comment faire un bon de commande ? Méthode et obligations légales Si, en matière de transaction commerciale, le bon de commande n’est pas obligatoire, contrairement à une facture par exemple, son utilisation est largement admise. Ce document signé par les deux...
-
11 règles d'or pour conclure une vente Conclure une vente est loin d’être une opération aisée. Elle exige des compétences, des savoir-faire et un certain art de la négociation pour être bien menée. Dans un monde où la...
-
10 conseils pour bien gérer son entreprise ! En tant qu’entrepreneur, le temps est précieux. Difficile d’être polyvalent et de pouvoir à la fois exercer son cœur de métier et la gestion de son entreprise. Pourtant, cette dernière est...
-
Régime social des indépendants : 5 points essentiels à connaitre ! Le régime social des indépendants a évolué depuis quelques années. En effet, l’ancien système qu’était le RSI – pour régime social des indépendants – a été remplacé en 2018 par la...
-
Sécurité sociale des indépendants (SSI) : fonctionnement et organisation Depuis le 1er janvier 2020, les travailleurs indépendants, autrefois assujettis au régime social des indépendants (RSI), sont affiliés au régime général et bénéficient d’une protection...
-
Qu'est-ce que la marge commerciale ? Comment la calculer ? Pour estimer la rentabilité d’une entreprise, la marge commerciale est un indicateur intéressant. Elle se base sur le prix d’achat des biens ou des services et leur prix de vente afin de...
-
Qu'est-ce qu'un plan comptable ? Un plan comptable ou un plan comptable général (PCG) est une référence en matière de comptabilité pour les entreprises. Ce livret composé de multiples éléments ressemble les normes, les lois...
-
Comment choisir votre prévoyance d’entreprise ? Vous souhaitez souscrire à une couverture supplémentaire pour vos salariés ? Découvrez les facteurs à considérer pour faire le bon choix. Qu'est-ce qu'une prévoyance d’entreprise, et...
-
Un travailleur indépendant peut-il bénéficier du RSA ou de la prime d’activité ? Un travailleur indépendant peut se retrouver en difficulté financièrement à un moment de sa vie professionnelle notamment en raison de la baisse de son activité. Pour faire face à ces périodes...
-
Fermer son auto-entreprise : formalités et procédure pour arrêter son activité La fermeture d’une auto-entreprise est aussi simple que son ouverture. De plus, il s’agit d’une formalité gratuite, il convient juste de suivre le mode d’emploi pas à pas pour éviter les...

