Un travailleur indépendant peut-il bénéficier du RSA ou de la prime d’activité ?

Un travailleur indépendant peut se retrouver en difficulté financièrement à un moment de sa vie professionnelle notamment en raison de la baisse de son activité. Pour faire face à ces périodes où les revenus baissent et sont insuffisants pour vivre normalement et pouvoir payer ses charges, un travailleur indépendant peut prétendre, sous certaines conditions, à percevoir la prime d’activité ou le revenu de solidarité active (RSA).
Travailleur indépendant : les conditions pour bénéficier de la prime d’activité
La prime d’activité est une prestation sociale versée pour compenser des revenus modestes liés au travail. Elle concerne autant les salariés que les travailleurs indépendants. Ces derniers peuvent effectivement bénéficier de cette prime sous certaines conditions.
Un travailleur indépendant, qui exerce donc une activité non salariée, peut recevoir la prime d’activité s’il est âgée d’au moins 18 ans, s’il a la nationalité française, s’il est ressortissant de l'Espace économique européen (EEE) ou de Suisse, ou s’il est en situation régulière en France et qu’il y réside de manière stable et effective.
Le montant de la prime d’activité varie selon chaque travailleur indépendant. Il dépend en effet, d’une part de sa situation personnelle et, d’autre part, de ses ressources, des éléments reconsidérés tous les trimestres au moyen d’une déclaration.
D’un point de vue des ressources prises en compte, le calcul de la prime d’activité dont peut bénéficier un travailleur indépendant se base soit sur les bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou non commerciaux (BNC) qu’il a déclaré aux services fiscaux pour la dernière année fiscale connue, soit, s’il ne déclare pas de tels bénéfices, son chiffre d’affaires du trimestre. Cette dernière solution s’adresse également aux travailleurs indépendants dont le chiffre d’affaires des douze derniers mois ne dépasse pas certains plafonds (170 000 euros par exemple pour un non salarié dans le secteur de la vente de marchandises). Les ressources autres que celles tirées de son activité professionnelle comme des allocations, des prestations sociales, ou encore une pension, sont déduites pour déterminer le montant de la prime d’activité auquel il a droit.
Une fois ces ressources considérées, la prime d’activité peut être augmentée en fonction de la situation familiale du travailleur indépendant (seul, marié, avec des enfants, situation professionnelle des membres de son ménage, etc.).
Pour avoir une idée du montant de la prime d’activité qu’il peut percevoir, un travailleur indépendant peut faire une simulation avec un outil disponible sur le site de la Caisse d’allocations familiales (Caf).
La prime d’activité n’est pas versée automatiquement. Un travailleur indépendant doit en faire la demande sur le site de la Caf. Après examen de son dossier, et s’il remplit toutes les conditions, la prime d’activité lui est versée pendant 3 mois, avec une révision de ses droits tous les trimestres.
Travailleur indépendant : un droit au revenu de solidarité active (RSA)
Un travailleur indépendant, qu’il soit entrepreneur, artisan, commerçant, etc., peut percevoir le revenu de solidarité active (RSA). Le RSA désigne un revenu minimum octroyé tous les mois aux personnes démunies par les départements, qu’elles aient une activité professionnelle ou non.
Un travailleur indépendant doit avoir au moins 25 ans pour en bénéficier. Cette condition d’âge ne concerne pas toutefois les travailleuses non salariées enceintes ou les travailleurs indépendants qui ont au moins un enfant à charge. Il faut également être français, européen ayant droit au séjour ou étranger en situation régulière en France depuis au moins 5 ans, et résider en France.
Le RSA est composé d’une base forfaitaire qui varie selon la composition du foyer et le nombre d'enfants à charge (565 euros par mois pour une personne seule par exemple). Son montant dépend aussi des ressources du foyer.
Pour un travailleur indépendant, les ressources prises en compte sont représentées par son chiffre d'affaires trimestriel. La moyenne des recettes des 3 derniers mois ne doit pas dépasser 72 000 euros.
Le RSA est versé pour une durée de 3 mois et les droits sont révisés tous les trimestres. Il est nécessaire, pour en bénéficier, d’en faire la demande auprès de la Caf.
À noter : il est possible pour un travailleur indépendant qui perçoit le RSA de demander également en parallèle la prime d’activité. Dans ce cas-là, c’est le même mode de calcul que pour la prime d’activité qui s’applique pour celui du RSA.
D’autre part, outre le fait de fournir un revenu minimum, le RSA s’accompagne de mesures destinées à améliorer la situation notamment professionnelle de ses allocataires. Ainsi, un travailleur indépendant qui perçoit le RSA sera accompagné par un référent et il doit aussi être en mesure de justifier de la viabilité de son activité professionnelle.
Dossiers similaires
-
Quelle différence entre une banque commerciale et une banque d'affaire ?
En raison de leurs activités distinctes, les banques commerciales et banques d’affaires représentent deux segments bien différents du secteur financiers. Dans une banque commerciale, celle qui...
-
Comment s'assurer qu'un client est solvable ?
S’assurer que son client sera en mesure de payer est une démarche primordiale pour une entreprise. À défaut, de nombreuses sociétés, et surtout les plus petites, qui font face à des défauts...
-
SARL : comment gérer l'assemblée générale annuelle ?
Une Société à responsabilité limitée (SARL) est l'une des formes juridiques que peut prendre une société. Il s'agit du statut le plus utilisé par les entrepreneurs français quelle que soit...
-
Facture impayée : comment réagir ? Dans quels délais ?
Malheureusement, presque toutes les entreprises rencontrent un jour ou l’autre un problème de facture impayée. Qu’il s’agisse d’un client particulier ou professionnel, il est alors...
-
Fermer son auto-entreprise : formalités et procédure pour arrêter son activité
La fermeture d’une auto-entreprise est aussi simple que son ouverture. De plus, il s’agit d’une formalité gratuite, il convient juste de suivre le mode d’emploi pas à pas pour éviter les...
-
Quels recours possibles pour une entreprise en difficulté ?
Selon les années, jusqu'à 4 000 entreprises déposent leur bilan en France. Des entreprises en difficulté qui ne disposent plus de liquidités pour faire face à leurs dettes et pour continuer...
-
Comment vendre son entreprise ? Par qui se faire aider ?
Savoir comment vendre une entreprise est sans doute plus complexe qu’on ne le pense. Car détenir son entreprise, c’est ne pas être objectif quant à sa valeur. Il faut pouvoir l’estimer au...
-
Cabinet d'expert-comptable en ligne : avantages, inconvénients, prix
Le développement des nouvelles technologies a permis au secteur de la comptabilité de révolutionner ses pratiques qui demandaient jusqu'à là pour certaines d'entre elles beaucoup de temps, comme...
-
Taxe d’apprentissage : quel fonctionnement, quel taux ?
La taxe d’apprentissage a été mise en place en vue d’inciter les entreprises à participer au financement de l’apprentissage et des formations professionnelles. Calculée sur la base de la...
-
Méthode des 20-80 ou loi de Pareto en entreprise : définition, mise en place
La méthode des 20-80, aussi appelée loi de Pareto, est un outil indispensable pour la bonne gestion d’une entreprise. Elle définit en effet une règle en matière d’équilibre économique que...
-
Les bénéfices non commerciaux (BNC) : définition, explications
Les bénéfices non commerciaux (BNC) désignent les bénéfices réalisés par les professions dont l’activité n’est pas commerciale et qui exercent leur activité à titre individuel ou comme...
-
E-commerce : quelles obligations légales pour son site de vente en ligne ?
Lorsqu’une entreprise fait du e-commerce, elle est soumise à certaines obligations légales que son site de vente en ligne doit comporter. Mentions légales, conditions générales de vente,...
