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Reprise d'entreprise en difficulté : 7 erreurs à ne pas faire

Reprise d'entreprise en difficulté : 7 erreurs à ne pas faire

Vous projetez de vous lancer dans l’entrepreneuriat en reprenant une entreprise ou de développer votre activité en augmentant votre envergure. Reprendre une entreprise en difficulté peut présenter des avantages pour le repreneur, mais cette décision n’est pas sans risque. Quoi qu’il en soit, avant de se lancer, il importe de bien préparer son projet et de se documenter afin d’éviter certains pièges aux conséquences non négligeables. En effet, l’objectif de faire affaire à moindres frais ne doit pas vous détourner des risques potentiels. Faisons le point sur les sept erreurs à ne pas faire dans le cadre de la reprise d’une entreprise en difficulté.

Erreur n°1 : ignorer les défauts et problématiques cachés

Reprendre une entreprise en difficulté peut sembler séduisant pour faire affaire à moindres coûts. Pourtant, il y entreprise en difficulté et entreprise en difficulté. Or, pour certaines, la situation réelle est parfois masquée et bien pire que ce que l’on pourrait penser.

Il est en effet indispensable d’être conscient du fait qu’une entreprise en difficulté ne s’y retrouve généralement pas subitement du jour au lendemain et sans impacts collatéraux. Bien souvent, pour maintenir son affaire à flot, le dirigeant a été contraint de faire des sacrifices, de prendre des décisions difficiles, de renoncer à certains éléments, il a pu perdre ses talents, ses clients, etc.

En conséquence, en plus de la situation difficile dans laquelle elle se trouve, l’entreprise peut connaitre des retards de paiement auprès de ses fournisseurs, avoir contracté des dettes fiscales ou sociales, ne pas avoir remboursé ses emprunts… tout autant de difficultés financières dont le repreneur va hériter et qu’il lui faudra assumer.

Mais ce n’est pas tout ! Pour conserver son entreprise suffisamment opérationnelle, le dirigeant a pu revoir à la baisse ses moyens de production, opter pour des matières premières de mauvaise qualité qui impactent celle des produits ou services vendus. Tous ces points ont pu impacter l’image et la renommée de la société, dégrader la relation avec la clientèle et entacher la motivation et l’engagement du personnel.

Il est donc impératif d’étudier l’ensemble de la situation de l’entreprise en difficulté avant d’envisager une reprise. En tant que repreneur potentiel, entourez-vous de vos conseillers pour identifier les pièges cachés et pour éviter de commettre certaines erreurs. Bien entendu, échangez également avec la direction, les salariés et leurs représentants pour disposer d’une vision d’ensemble. Vous disposerez ainsi d’un audit complet de la structure pour faire un choix éclairé.

Erreur n°2 : sous-estimer la viabilité et la solvabilité de l’entreprise

Malheureusement, il est parfois impossible de relever une entreprise en difficulté. Si son marché s’effondre, envisager de la redresser de manière efficace et durable peut être une grave erreur.

Il est donc indispensable d’opérer un diagnostic complet afin d’identifier et d’étudier les raisons pour lesquelles l’entreprise s’est retrouvée dans la difficulté. À partir de ce constat, établissez des pistes sérieuses pour la redresser et étudiez la viabilité de ces solutions sur le long terme.

Erreur n°3 : prendre sa décision trop tardivement

Toutefois, n’oubliez pas qu’une entreprise en difficulté se maintient rarement ainsi sur le long terme. Bien souvent, sa situation empire et se dégrade de jour en jour. Agir est souvent une question de semaines pour espérer sauver la situation et pour entreprendre les procédures de remise à flot.

En conséquence, même s’il vous faut bien réfléchir et mener vos différentes études avant de vous engager, l’étude de votre dossier et la présentation de votre offre sont soumises à des contraintes temporelles limitées.

Veillez à bien cibler les entreprises que vous entendez éventuellement reprendre. Préférez vous orienter vers un secteur que vous maitrisez afin d’y déceler plus facilement les dangers et de trouver des solutions à y apporter.

Erreur n°4 : ne pas tenir compte de la difficulté d’une telle procédure

La reprise d’une entreprise en difficulté est une procédure longue dont il ne faut pas négliger la complexité. Il est important d’agir avant le dépôt de bilan, pendant la phase de conciliation, ou après le dépôt de bilan en cas de redressement judiciaire lorsqu’il est possible de recourir à un plan de cession ou de continuation.

Sachez que le cadre de la procédure est particulièrement complexe. Lorsque l’entreprise à reprendre est en difficulté, l’opération est en outre soumise à un cadre juridique et administratif bien plus contraint et à une réglementation spécifique. Il est impératif de vous faire accompagner d’un expert juridique spécialisé dans ce profil d’entreprise en difficulté et d’un expert financier.

Erreur n°5 : ne pas évaluer correctement les frais de relance

Si vous reprenez une entreprise en difficulté, c’est dans l’optique de la relancer. Partons du principe que vous avez vérifié qu’il existe des solutions de relance. N‘oubliez pas qu’il sera indispensable d’injecter des sommes importantes dans la trésorerie pour assurer cette relance. Or, les montants nécessaires peuvent être considérables, raison pour laquelle il ne faut pas les sous-estimer et bien prendre en compte la réalité de la situation financière et matérielle de l’entreprise à reprendre.

En fonction de la situation de l’entreprise en difficulté, vous devrez peut-être tout reprendre à zéro, sans compter que des dettes peuvent être à régler. Si l’entreprise a changé de fournisseurs pour réduire ses frais – et la qualité – et/ou si la relation avec ses clients en a été impactée et qu’elle en a perdu, il va vous falloir restaurer son image en recherchant de nouveaux fournisseurs et en réussissant à trouver et à convaincre une nouvelle clientèle. Recruter des talents peut aussi être nécessaire.

La relance d’une entreprise en difficulté peut être une opération extrêmement coûteuse, car les difficultés cachées sont souvent négligées.

Erreur n°6 : se précipiter dans le démarrage après reprise

Acquérir une entreprise en difficulté est une opération complexe, mais qui nécessite également une certaine durée pour la remise à flot et un engagement considérable. Certes, il faut beaucoup d’argent pour remonter l’activité, mais il est généralement essentiel de se baser sur la durée d’un exercice complet avec une activité intense pour espérer remettre la structure de l’entité en place. Établir des plans sur la comète avec des délais irréalistes est une erreur. Si vous avez pris le temps d’établir des solutions viables, donnez-vous le temps de les mettre en oeuvre et d’en mesurer les effets. Une telle opération nécessite de l’argent, mais aussi beaucoup de temps et d’investissement personnel.

Au fil de la remise à flot, vous devrez mettre en place les solutions que vous avez envisagées au bon moment. Inutile de vous précipiter, mieux vaut prendre le temps d’une mise en place au fur et à mesure de votre appropriation de cette nouvelle entité. Bien entendu, vous devrez œuvrer à sa relance en parallèle. N’hésitez pas à vous faire accompagner d’experts pour bénéficier de conseils avisés et à déléguer certaines tâches.

Erreur n°7 : sous-estimer votre engagement personnel

Vous l’aurez compris, la reprise d’une entreprise en difficulté va nécessiter de l’argent, du temps et un intense engagement personnel. Soyez assuré d’avoir l’énergie nécessaire pour ce faire et surtout d’avoir les capacités personnelles d’un tel engagement. Un tel projet peut impacter votre vie familiale et avoir des conséquences négatives à court, moyen ou long terme. Soyez-en pleinement conscient pour ne pas avoir à regretter votre décision plus tard.

 
 

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