Quels principes régissent le CDD (Contrat à Durée Déterminée) ?

En France, le contrat à durée indéterminé (CDI) est la règle normale et générale de la relation au travail. C’est pourquoi l’autre principale forme de contrat de travail, le contrat à durée limitée (CDD), constitue une exception qui doit répondre à des critères bien définis pour être utilisé. À défaut, l’employeur encourt des sanctions pénales. Explications.
Le CDD répond à des formalités très précises
Pour être valide, un CDD doit obligatoirement être écrit, rédigé en français et signé par le salarié. À défaut, il est requalifié en CDI.
Ce type de contrat de travail doit mentionner la raison précise pour lequel il est employé puisque son utilisation est limitée à des cas bien précis détaillés ci-dessous. Il doit également indiquer le poste de travail occupé, les dates de début et de fin du contrat de travail, les clauses qui régissent son éventuel renouvellement et la durée de la période d’essai. Cette dernière est en principe limitée à un jour par semaine pour les CDD inférieurs ou égaux à six mois et à un mois maximum pour les contrats supérieurs à six mois.
Dans le cas où le terme du contrat ne peut pas être précisé, le CDD doit mentionner au moins une durée minimale. Si le CDD est utilisé en remplacement d’un salarié absent, le nom et la qualification professionnelle de ce dernier doit figurer dans le contrat.
Si le salarié en CDD travaille en temps partiel, son contrat doit obligatoirement comporter la mention de sa durée hebdomadaire de travail.
La rémunération d’un salarié en CDD ne peut pas être inférieure à celle d’un salarié en CDI de la même entreprise qui possède les mêmes qualifications et qui occupe un poste similaire.
Enfin, le contrat de travail doit être transmis au salarié en CDD au plus tard dans les 2 jours ouvrables suivant son embauche.
Dans quels cas peut-on embaucher en CDD ?
De manière générale, un contrat à durée limitée (CDD) ne peut pas être conclu pour pourvoir un poste lié à l’activité normale et régulière de l’entreprise qui, de fait, doit être occupé par un salarié en contrat à durée indéterminé (CDI). Le CDD ne doit pas non plus concerner notamment des emplois destinés à effectuer des missions dangereuses.
Le CDD peut être utilisé seulement dans certains cas très précis :
Pour remplacer un salarié absent
Il est possible d’embaucher un salarié en CDD pour remplacer un salarié absent pour cause de maladie, de congés, etc. Seule exception : il n’est pas autorisé d’avoir recours à un CDD si le salarié d’origine est absent pour cause de grève.
Ce type de contrat de travail peut également être employé pour remplacer un salarié qui passe temporairement à temps partiel soit parce qu’il prend un congé parental d’éducation, soit parce qu’il crée ou reprend une entreprise.
Le CDD est également permis pour remplacer un salarié qui a quitté définitivement l’entreprise, et dans l’attente de la suppression de son poste, tout comme dans le cas d’attente de l’arrivée d’un nouveau salarié recruté en CDI.
Outre le remplacement d’un salarié, le CDD peut être utilisé pour supplanter l’absence d’un indépendant tel qu’un chef d’entreprise, qu’une personne exerçant une profession libérale et de leur conjoint si ce dernier participe effectivement à l’activité de la société de manière régulière.
Pour faire face à une augmentation temporaire de l’activité
Si une entreprise connaît un surcroît d’activité temporaire ou ponctuel, elle peut embaucher des salariés en CDD pour palier au travail supplémentaire à réaliser. Cette possibilité n’est toutefois pas permise si l’entreprise a eu recours à des licenciements économiques dans les 6 derniers mois sauf si le CDD n’excède pas 3 mois (ce dernier ne pourra pas non plus être renouvelé dans ce cadre) et si l’augmentation de l’activité est due à une commande exceptionnelle concernant l’exportation.
Pour des emplois saisonniers
Par définition, les emplois saisonniers ne durent qu’un moment donné. C’est pourquoi le recours à un CDD est possible pour ces postes, le plus souvent dans le domaine du tourisme, de l’agriculture ou de l’agroalimentaire.
Dans les cas où il n’est pas possible d’avoir recours à un CDI
Certains secteurs d’activité (définis et certifiés par la loi) comme l’audiovisuel, le sport professionnel, l’hôtellerie, la réparation navale, etc., ont besoin, en raison de leur fonctionnement spécifique, de salariés de manière temporaire. Pour ces entreprises, il est possible alors d’avoir recours à des contrats courts appelés « CDD d’usage ».
De la même manière, une entreprise peut avoir recours à des « CDD à objet défini » pour des missions bien précises et limitées dans le temps. Ce type de contrat concerne les ingénieurs et les cadres de manière générale.
Dans le cas de contrats conclus dans le cadre de la politique de l’emploi
Afin de lutter contre le chômage, des contrats de travail spécifiques, à destination d’un public ciblé, ont été créés. Ces derniers sont conclus pour une durée déterminée. Il s’agit du contrat de professionnalisation, d’apprentissage, du contrat unique d’insertion ou encore du « CDD senior ».
Quelle durée pour un CDD ?
Un CDD ne peut pas être conclu pour une durée supérieure à 18 mois. Il s’agit de la règle générale mais certains types de CDD font exception.
Si une entreprise a recours à un CDD dans l’attente de l’arrivée d’un nouveau salarié recruté en CDI, ce CDD ne peut pas être supérieur à 9 mois. S’il s’agit de remplacer un salarié parti définitivement de l’entreprise et dans l’attente de la suppression de son poste, le CDD concerné peut durer 24 mois au maximum. C’est la même chose dans le cadre d’un CDD conclu pour palier un surcroît de travail du à une commande exceptionnelle à l'exportation. Un CDD pour un emploi à caractère saisonnier prend fin, de fait, à la fin de la saison concernée. Quant au « CDD à objet défini », sa durée maximale est de 36 mois.
À noter qu’une convention collective ou un accord d’entreprise peut fixer différemment la durée maximale d’un CDD.
Peut-on renouveler un CDD ?
Un CDD répond à un principe précis : il peut être renouvelé seulement 2 fois, hormis si une convention collective ou un accord d’entreprise stipule une règle différente. Les conditions du renouvellement doivent être stipulées dans le contrat de travail.
D’autre part, un délai de carence s’impose entre 2 CDD occupés par 2 salariés différents pour un même poste. Ce délai est calculé en fonction de la durée du CDD initial, y compris ses éventuels renouvellements.
Comment rompre un CDD ?
Un CDD peut être rompu avant son terme à l’initiative du salarié qui justifie d’une embauche en CDI en respectant un préavis, d’un commun accord entre le salarié et l’employeur, en cas de force majeure qui empêche l’exécution du contrat de travail, suite à une faute grave du salarié ou de l’employeur ou si le salarié est déclaré inapte par le médecin du travail.
Dossiers similaires
-
Quelles conditions pour accueillir un contrat d'apprentissage en entreprise ? Un contrat d'apprentissage est un véritable contrat de travail signé entre un jeune, le plus souvent, et un employeur qui permet à ce salarié de suivre dans une entreprise une formation...
-
Tout savoir sur le congé paternité Vous vous apprêtez à être papa ou l’êtes déjà depuis peu ? Bravo ! Vous avez hâte d’entamer votre congé pour être aux côtés de votre enfant et de la maman ? Car en tant que jeune papa,...
-
Happy management ou le bonheur en entreprise : quel est ce concept ? Le monde du travail est de plus en plus source de souffrance pour de nombreux salariés. Or, un salarié malheureux à son poste est un salarié qui se démotive, voire qui s’absente...
-
Quelles aides pour recruter un salarié handicapé ? 2,7 millions de personnes disposent d’une reconnaissance administrative de leur handicap en France. Parmi elles, à peine 1,2 million sont en emploi ou en recherche un. 16 % des handicapés dans ce...
-
LinkedIn : peut-on réellement y trouver de bons profils de candidats ? LinkedIn est une plateforme créée en 2002 et mise en œuvre en 2003 par plusieurs entrepreneurs, dont les Américains Reid Hoffman et Allen Blue. Ce réseau social professionnel en ligne se...
-
Clause de non-concurrence : comment la mettre en place ? Quelles limites ? Une clause de non concurrence est une clause intégrée dans un contrat de travail par une entreprise afin de protéger celle-ci contre la concurrence d’un salarié et des fonctions que celui-ci...
-
Contrat de travail étudiant : quelles règles ? Quelles spécificités ? Une entreprise peut souscrire un contrat de travail avec un étudiant. Si l’on parle de contrat de travail étudiant, il n’existe pourtant pas véritablement de contrat dédié à proprement...
-
Abandon de poste : définition et conséquences pour le salarié et l'entreprise ? Les situations d'abandon de poste sont devenues plus fréquentes ces derniers mois, en particulier au moment de la crise sanitaire due au Covid-19, ou, en tous les cas, ont été davantage...
-
Employeur : que dit la loi en matière de collecte des données des salariés ? Un employeur est forcément amené à un moment ou à un autre à collecter des données concernant ses salariés, que ce soit à l'occasion de leur recrutement, de la gestion courante du...
-
Élus du CSE : combien d'heures de délégation ? Qui peut en profiter ? Les élus du CSE peuvent prétendre – pour certains – à des heures de délégation. Les heures de délégation sont des heures qu’un employeur doit obligatoirement accorder aux représentants...
-
Employeurs : quelles mesures appliquer en cas de forte chaleur en entreprise ? En raison de températures qui peuvent être extrêmes, les conditions de travail peuvent s'avérer difficiles (risque d'épuisement, de déshydratation, de coup de chaleur, etc.), voire occasionner...
-
Qu'est-ce que la déclaration préalable à l'embauche (DPAE), ex-DUE ? Au préalable de toute embauche d’un salarié relevant du régime général de la sécurité sociale ou du régime social agricole, l’employeur doit effectuer une formalité administrative...

