Contrôle fiscal dans une entreprise : comment ça se passe ?

La Direction Générale des Finances Publiques vient d’entrer en contact avec votre entreprise et vous en êtes surpris. Il ne vous semble pas ne pas avoir suivi la législation fiscale au pied de la lettre. Se pourrait-il que vous ayez commis une erreur dans vos déclarations ? Le résultat calculé n’est pas le bon, le chiffre d’affaires non plus ? Pas de panique, le contrôle fiscal a juste vocation à s’assurer de votre civisme fiscal.
Qu'est-ce qu'un contrôle fiscal ?
Il existe différents types de contrôles fiscaux. Cependant, ils servent tous à garantir qu'une entreprise a dûment payé ses impôts au montant correct dans un certain délai. En règle générale, les contrôles sont effectués soit par échanges de pièces à distance, soit par un contrôleur en personne. Être soumis à un contrôle fiscal n’est en aucun cas une intimidation ou une sanction mais bel et bien une procédure de simple vérification. C’est même assez courant dans la vie d’une entreprise.
Quelle est la différence entre un contrôle fiscal particulier et professionnel ?
Le contrôle fiscal est une procédure engagée par l’administration fiscale à l’encontre des particuliers et des entreprises. D’un côté, il est demandé de déclarer des revenus. De l’autre, il est logique que ceux-ci soient vérifiés. L’administration s’assure que le contribuable, à titre privé ou professionnel, fasse preuve d’honnêteté et que ses déclarations soient bien sincères et complètes.
Comment se déroule un contrôle fiscal en entreprise ?
En général, le contrôle fiscal passe par les étapes suivantes :
1 - Réception d’un avis de vérification
C’est la première fois que votre entreprise vient de recevoir un avis de vérification : vous allez devoir passer un contrôle fiscal. Tout va bien, tout n’est pas mal parti : il s’agit d’une simple formalité. Et comme toute procédure, elle doit respecter un certain nombre de règles. Sans quoi, elle peut être déclarée nulle s’il y a par exemple, le moindre vice de forme. Cet avis de vérification doit notamment préciser la période concernant le contrôle. Comme vous allez devoir préparer des documents, mieux vaut que vous sachiez pour quelle période votre entreprise va être contrôlée. Le contrôle fiscal ne peut commencer le jour de réception du courrier. Deux jours de délai sont au moins requis entre la réception de l’avis de vérification et la première visite de l’inspecteur des impôts.
2 - Préparation des documents
Le jour J, le contrôleur va vous réclamer de nombreux documents. Mieux vaut donc anticiper sa venue en préparant ce dont vous disposez. Les pièces essentielles qui vous seront demandées sont les statuts de votre entreprise, les procès-verbaux d’assemblée, vos factures d’achats et de ventes, vos notes de frais, vos bulletins de salaire, les contrats d’embauche, votre grand livre comptable, vos déclarations fiscales, etc. Un avocat ou votre expert-comptable sera à même de vous accompagner dans ce type de situation dont il ou elle a l’habitude. Vous vous sentirez épaulé et moins seul.
3 - Choix d’un interlocuteur interne
Vous pourrez alors décider de qui est le meilleur interlocuteur en interne. Car l’agent qui va se présenter voudra n’avoir affaire qu’à un seul et même interlocuteur. Même si vous souhaitez garder la main, il peut tout de même être préférable de nommer quelqu’un d’autre de manière à vous dégager du temps.
4 - Facilitation du travail du contrôleur
À la réception de l’avis de vérification, vous êtes désemparé. Vous avez envie de repousser au maximum le premier rendez-vous. Ce n’est sans doute pas la meilleure solution. Car à vouloir rencontrer le contrôleur le plus tard possible, celui-ci peut en devenir suspicieux. Ne cherchez donc pas à mettre des bâtons dans les roues à l’agent du fisc, au contraire facilitez-lui la tâche. Accueillez-le poliment, expliquez-lui clairement votre activité et présentez votre équipe et réservez-lui un espace où travailler qui lui permette d’être efficace. Mieux celui-ci travaillera, plus vite il quittera votre entreprise !
5 - Négociation et argumentation
Dans le cas d’une procédure de rectification, sachez négocier et argumenter. Votre demande est-elle recevable ? Demandez peut-être l’avis d’un professionnel qui a l’habitude avant de solliciter une remise auprès de l’administration. Rédigez et adressez un courrier qui explique clairement votre demande. Le plus simple est encore de jouer sur les délais de paiement et sur l’allègement des pénalités. Le Trésor Public est assez conciliant sur l’étalement des paiements, dans le cas où vous craindriez que toute la somme due vous crée des soucis, versée en une seule fois. Vous pouvez aussi demander un allègement de vos pénalités.
6 - Bon déroulé de la procédure
Comme précisé au début, voyez si votre procédure n’affiche aucun vice de forme. Avez-vous reçu tous les documents que vous deviez recevoir ? Dans les temps ? Votre contrôle fiscal joue-t-il les prolongations ? Si celui-ci dure plus de 3 mois réglementaires alors vous avez le droit d’invoquer la nullité de la procédure. De même, si vous êtes à nouveau contrôlé sur une même période que précédemment, vous êtes en droit de contester la régularité du contrôle. Enfin, si on ne vous justifie pas le pourquoi des « sanctions », vous avez la possibilité d’invoquer ce motif. La proposition de rectification qui vous concerne doit être motivée.
Dossiers similaires
-
Qu'est-ce que le ROCE (Return On Capital Employed) : comment le calculer ?
Lorsqu’une entreprise doit mesurer sa capacité à générer du profit au regard des capitaux qu’elle a investis, elle peut prendre en compte le calcul du ROCE ou return on capital employed. Le...
-
Quelle différence entre hard discount et soft discount ?
Le discount, vous en êtes plutôt familier : ces entrepôts rarement bien éclairés qui proposent des produits dans des cartons ou sur des palettes à des prix défiant toute concurrence. Et le...
-
6 règles d'or qu'un service client ne devrait jamais oublier !
Pour une entreprise, un service client est un pan très important de son activité, et en particulier de sa communication. C'est en effet ce service qui est chargé des contacts et du suivi de ses...
-
Comment choisir son comptable ou expert-comptable ?
Toutes les entreprises sont contraintes par la loi de tenir une comptabilité que leur activité soit commerciale, artisanale ou libérale et qu’il s’agisse d’une entreprise individuelle (sauf...
-
9 outils de gestion indispensables à son entreprise !
Une entreprise peut utiliser tout un panel d’outils pour gérer son activité et sa structure au quotidien. Si ces logiciels et applications peuvent sembler pour certains désuets, ils présentent...
-
Fausse déclaration de TVA : que risque l'entreprise et le chef d'entreprise ?
La TVA est un impôt. Les entreprises soumises à cet impôt doivent obligatoirement déclarer et reverser à l’État la TVA qu’elles collectent par le biais de la vente de leurs produits ou...
-
Comment estimer les charges de sa micro-entreprise ?
Créer une microentreprise présente l'avantage de pouvoir créer et développer une activité professionnelle très simplement grâce à des formalités simplifiées pour les entrepreneurs...
-
Coût de revient : comment le calculer ?
Pour une entreprise, qu’elle soit commerciale, industrielle, artisanale ou de services, le calcul du coût de revient est une étape indispensable pour assurer une bonne gestion et la pérennité...
-
Fonction support en entreprise : de quoi parle-t-on ? Quelle utilité ?
Pour que les activités de votre entreprise soient rondement menées, elles ont besoin de fonctions supports. Ce sont tout simplement les métiers qui ne sont pas le cœur de l’entreprise à...
-
SARL : comment gérer l'assemblée générale annuelle ?
Une Société à responsabilité limitée (SARL) est l'une des formes juridiques que peut prendre une société. Il s'agit du statut le plus utilisé par les entrepreneurs français quelle que soit...
-
Intégrer un nouvel associé dans l'entreprise : conseils et précautions
Intégrer un nouvel associé dans une société n’est pas un acte anodin. Cette opération a notamment des incidences sur le capital social et la répartition des parts sociales entre les...
-
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) : explications, calcul, exonération
La Cotisation foncière des entreprises (CFE) désigne l’une des deux taxes qui composent la contribution économique territoriale (CET), avec la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises...
