Je ne trouve pas de repreneur pour mon entreprise : que faire ?

Chaque année, des milliers d’entrepreneurs partent à la retraite. Malheureusement, un bon nombre d’entre eux ne trouvent pas de repreneurs pour leur entreprise. La transmission d’une affaire nécessite une longue préparation qui doit s’anticiper sur plusieurs années, mais elle n’aboutit pas toujours au résultat escompté malgré la réalisation des démarches en temps et en heure. Faisons le point sur les solutions qui permettent à un chef d’entreprise de trouver un repreneur et sur ce qu’il lui reste à faire s’il n’y parvient pas.
Comment trouver un repreneur pour son entreprise ?
Vous partez prochainement à la retraite et vous recherchez un repreneur pour votre entreprise. Vous disposez de plusieurs solutions pour ce faire.
S’appuyer sur son proche réseau personnel
Un entrepreneur qui cherche un repreneur pour son entreprise peut trouver un candidat au sein de son réseau le plus proche. En effet, bien souvent, la transmission s’effectue au sein de la famille ou dans le cadre des cercles d’amis ou de relations personnelles.
Se renseigner parmi son réseau professionnel
Le réseau personnel n’est pas le seul à étudier. En effet, bien des reprises s’effectuent par le biais professionnel. Si vous recherchez un repreneur, n’hésitez pas à vous tourner vers vos fournisseurs, qui peuvent être intéressés pour intégrer votre entreprise au sein de leur chaine de production ou encore vers vos clients.
Mais ce n’est pas tout. Se tourner vers ses concurrents est également un bon moyen de trouver des repreneurs compétents. En effet, certains peuvent être intéressés par la reprise de votre entreprise pour élargir encore leur clientèle et renforcer leur position sur le marché local.
Enfin, il faut également penser aux salons des entrepreneurs locaux ou aux clubs, qui peuvent rassembler des professionnels désireux de reprendre votre entreprise.
Se tourner vers ses salariés
Il est souvent intéressant pour un entrepreneur de transmettre son entreprise à un salarié compétent et désireux de reprendre l’affaire. En effet, celui-ci connait parfaitement le fonctionnement de celle-ci, mais aussi les équipes, les modes de travail, l’organisation, etc. Il est même possible de transmettre l’entreprise à plusieurs salariés qui peuvent s’associer pour créer une société coopérative de production (SCOP).
Faire appel aux organismes spécialisés
Il est tout à fait possible de se tourner vers les chambres de commerce et d’industrie et les chambres de métiers et de l’artisanat pour trouver un repreneur. Ces organismes spécialisés disposent de cette compétence et peuvent accompagner les entrepreneurs dans leurs démarches.
Des associations spécialisées existent également et aident les entrepreneurs à entrer en contact avec des repreneurs potentiels.
Comment réussir la transmission de son entreprise ?
La transmission d’une entreprise ne s’improvise pas, c’est au contraire une longue opération qui doit être anticipée et bien organisée afin qu’elle se déroule pour le mieux sur plusieurs années. L’accompagnement est également un point clé qui contribue au succès d’une reprise.
Aider l’entrepreneur à préparer la cession de son entreprise
Dans ce cadre, le rôle des chambres de métiers et de l’artisanat et des chambres de commerce et d’industrie est crucial, car il s’agit des principales structures dédiées à l’accompagnement des entrepreneurs cédants. En effet, leur mission est vaste et peut couvrir les champs suivants :
- la réalisation d’un diagnostic de cessibilité, qui permet à l’entrepreneur cédant de voir si son entreprise est cessible, dans quelles conditions, etc. ;
- la réalisation d’une évaluation de l’entreprise, afin d’estimer un éventuel coût de cession ;
- la mise à disposition d’outils pour encadrer et faciliter la gestion ;
- la proposition de conseils, de compétences et d’expertises ;
- l’aide à la rédaction du dossier de présentation de l’entreprise à céder ;
- l’aide à la rédaction et à la diffusion d’une annonce de cession ;
- la gestion des bourses d’opportunités qui peuvent aider financièrement l’entrepreneur dans le cadre de la cession de son entreprise ;
- la sélection des candidats potentiels à la reprise.
Accompagner le repreneur
L’entrepreneur peut ainsi bénéficier d’un accompagnement personnalisé dans le cadre de la reprise de son entreprise. Toutefois, pour que l’opération se passe pour le mieux, il lui faut lui aussi prévoir le temps d’accompagner le repreneur dans ses nouvelles fonctions. Pour ce faire, il convient de fixer une période d’accompagnement, plus ou moins longue, qui permettra de « former » le repreneur.
Cet accompagnement doit permettre une transmission des savoir-faire, une présentation détaillée de l’entreprise, de ses salariés, de ses clients, de ses fournisseurs, de ses prestataires, de ses partenaires, etc.
Bien entendu, le cédant doit également savoir laisser peu à peu sa place. Le repreneur doit se sentir libre d’agir, être capable de commencer à prendre les rênes en toute liberté et même de mettre en place certaines mesures innovantes sans ressentir de frein ou de pression de la part du cédant ou de sa future équipe.
Quelles solutions en l’absence de repreneur ?
Malheureusement, chaque année et malgré une préparation bien anticipée et soigneusement organisée, des entrepreneurs partent à la retraite sans avoir trouvé de repreneur pour leur entreprise. En effet, il est bien souvent difficile de céder une petite entreprise. Dans ce cas, le chef d’entreprise sur le départ n’a pas d’autre choix que de rompre les contrats de ses salariés par le biais d’un licenciement économique.
Dans ce cadre, il est nécessaire de respecter deux étapes.
La convocation à un entretien préalable au licenciement
L’entrepreneur doit adresser à ses salariés un courrier par voie recommandée avec accusé de réception ou par une remise en main propre contre décharge en vue de les convoquer à un entretien préalable au licenciement dans un délai minimal de 5 jours ouvrables après réception. Le motif de l’entretien doit être clairement communiqué à chacun et chaque salarié peut se faire accompagner d’une autre personne de l’entreprise ou par un conseiller extérieur.
La notification du licenciement économique
Le chef d’entreprise doit impérativement exposer à chaque salarié le motif de la décision de licenciement économique. Il lui faut également lui présenter les différents dispositifs de reclassement existants pour lui, dont le contrat de sécurisation professionnelle (CSP).
Dans un délai minimal de 7 jours ouvrables après l’entretien pour un salarié non cadre et de 15 jours ouvrables pour un salarié cadre, le licenciement doit être notifié par courrier recommandé avec accusé de réception ou par remise en main propre contre décharge. Il doit obligatoirement proposer au salarié de bénéficier du CSP. Ce dernier dispose ensuite de 21 jours pour formuler une réponse. En cas de refus, le courrier de notification vaut licenciement.
Par ailleurs, dans un délai de 8 jours après la notification du licenciement aux salariés, le chef d’entreprise doit informer la Direccte et communiquer les identités et les coordonnées des salariés licenciés.
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