La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) : explications, calcul, exonération

La Cotisation foncière des entreprises (CFE) désigne l’une des deux taxes qui composent la contribution économique territoriale (CET), avec la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Elle est due aux communes par les entreprises et les particuliers qui exercent une activité professionnelle non salariée et qui disposent de locaux ou de terrains sur leur territoire.
Quelles sont les entreprises redevables de la CFE ?
La Cotisation foncière des entreprises (CFE) est une taxe collectée au niveau des communes dont sont redevables toutes les entreprises et les personnes physiques, quelque soit leur statut juridique, leur activité ou leur régime d'imposition, qui exercent de manière habituelle une activité professionnelle non salariée au 1er janvier de l'année d'imposition. De fait, même les micro-entrepreneurs doivent payer la CFE.
L’activité professionnelle doit présenter un caractère habituel, être exercée à titre professionnel et être non salariée.
En revanche, les entreprises et les indépendants dont le chiffre d’affaires ou les recettes n’excèdent pas 5 000 euros sont exonérés de la CFE. Les entreprises nouvellement créées ne sont pas non plus soumises à la CFE la première année de leur existence. D’autre part, le Code général des impôts précise que certaines activités sont également exonérées de la CFE. Il s’agit principalement d’organismes publics comme les collectivités territoriales, les établissements publics et les organismes de l'État pour leurs activités de caractère essentiellement culturel, éducatif, sanitaire, social, sportif ou touristique, les grands ports maritimes, les ports autonomes, à l'exception des ports de plaisance, les exploitants agricoles, et d’autres activités listées dans les articles 1449 à 1466 F (exonérations et abattements de la CFE).
Comment est calculée la CFE ?
Contrairement à la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), qui est l’autre composante de la contribution économique territoriale (CET) avec la CFE, et dont le calcul est basé sur le chiffre d’affaires et la valeur ajoutée produite par une entreprise, une partie de la CFE est calculée en fonction de la valeur locative des biens soumis à la taxe foncière dont les professionnels ont disposé pour les besoins de leur activité au cours de l'année N-2, c’est-à-dire des locaux à usage professionnel ou commercial. Cette base d’imposition est fixée par chaque commune.
Pour les entreprises et indépendants qui n’occupent pas de locaux ou dont la valeur locative est très faible, le montant de la CFE due est alors fixé par la commune ou l’établissement public de coopération intercommunale (EPCI) qui collectent cette taxe sur la base d'une cotisation forfaitaire minimum en fonction du chiffre d'affaires ou des recettes réalisées au cours de l’année N-2. Dans ce cas, la CFE est revalorisée chaque année. Par exemple, une entreprise dont le chiffre d’affaires est de moins de 10 000 euros paiera une CFE de base minimum comprise entre 221 et 526 euros. Pour un chiffre d’affaires ou des recettes de plus de 500 000 euros, la CFE sera au moins comprise entre 221 et 6 833 euros.
L’autre partie de la CFE est constituée d’une taxe assise sur la base d'imposition à la CFE dont le taux est voté chaque année par chaque Chambre de commerce et d'industrie de la région.
La base d’imposition utilisée pour le calcul de la CFE est réduite dans plusieurs cas : de 30 % pour les bases foncières des établissements industriels ; de 50 % pour les nouvelles activités professionnelles l'année qui suit leur création ; en proportion du temps d'inactivité pour certaines activités saisonnières comme celles des restaurants ou des cafés par exemple ; de 75 % pour un artisan qui emploie un salarié, de 50 % pour deux salariés et 25 % pour trois salariés si les bénéfices, les salaires versés, les cotisations sociales représentent plus de 50 % du chiffre d'affaires TTC ; 25 % pour les entreprises et indépendants implantés en Corse.
La déclaration et le paiement de la CFE
Toute entreprise ou indépendant doit effectuer une déclaration initiale de cotisation foncière des entreprises avant le 1er janvier de l'année suivant la création de leur activité à l’aide d’un formulaire disponible sur le site impots.gouv.fr. Cette démarche permet de déclarer les éléments d’imposition qui servent à établir le montant de la CFE.
Ensuite, il n’est pas nécessaire de recommencer cette démarche tous les ans sauf en cas de modifications (changement de la surface des locaux, cessation de l’activité, etc.) qu’il faut déclarer à l’aide du formulaire n°1447-M-SD.
Le paiement de la CFE, qui est dématérialisé, doit intervenir au plus tard le 15 décembre de chaque année. Si son montant est supérieur à 3 000 euros, le paiement se déroule en deux fois (avant le 15 juin et au plus tard le 15 décembre). Il peut se faire en ligne via un espace professionnel sur impots.gouv.fr. Le prélèvement de la CFE peut également être mensuel.
Dossiers similaires
-
Sécurité sociale des indépendants (SSI) : fonctionnement et organisation
Depuis le 1er janvier 2020, les travailleurs indépendants, autrefois assujettis au régime social des indépendants (RSI), sont affiliés au régime général et bénéficient d’une protection...
-
Comment réussir sa levée de fonds ?
La levée de fonds est une opération qui permet à une entreprise qui se lance ou qui souhaite se développer d’attirer de nouveaux investisseurs. Ces derniers vont ainsi apporter des fonds dans...
-
Une entreprise est-elle libre de choisir ses clients ?
Bien des entreprises font l’erreur de penser qu’un client, ça ne se refuse pas ! Les entreprises débutantes sont les plus enclines à accepter tous les types de demandes, car elles sont...
-
Marché de niche : qu'est-ce que c'est ? Quelles caractéristiques ?
Qu’est-ce qu’un marché de niche ? La stratégie de niche est une stratégie de concentration dans laquelle l'offre vise à résoudre un problème spécifique. Le produit ou l’offre de service...
-
Délégation de pouvoirs : qu'est-ce que c'est ? Quand l'utiliser ?
Un chef d’entreprise peut crouler sous une importante charge de travail pour plusieurs raisons, notamment dans le cadre de certaines périodes plus intenses d’un exercice, d’un développement...
-
Les assurances obligatoires et spécifiques aux entreprises du bâtiment et BTP
Pour exercer leur activité en toute tranquillité, chaque chef d’entreprise doit souscrire des assurances pour, en particulier, protéger ses biens ou encore les dommages qu’il peut subir ou...
-
Dépassement des plafonds auto-entrepreneur : que faire ?
Le statut juridique d'auto-entrepreneur désigne un régime social et fiscal simplifié qui s'adresse à des personnes souhaitant tester une activité professionnelle indépendante ou exercer une...
-
Prime de panier ou panier repas : pour qui, quand, comment ?
La prime de panier ou le panier repas sont les appellations courantes pour parler de l’indemnité repas. Cette indemnité est versée par l’employeur à un salarié dans plusieurs situations,...
-
Pacte d'associés : de quoi parle-t-on ? Définition et mise en place
Le pacte d’associés est un acte juridique que tout ou partie des associés d’une entreprise conçoivent et signent. Destiné à mettre en place certains points au sein de l’entité, notamment...
-
Qu'est-ce qu'une procédure de sauvegarde en entreprise ?
Une procédure de sauvegarde concerne les entreprises qui connaissent des difficultés économiques. L’objectif de cette procédure, mise en place par un juge, est d’éviter leur cessation de...
-
Comment estimer les charges de sa micro-entreprise ?
Créer une microentreprise présente l'avantage de pouvoir créer et développer une activité professionnelle très simplement grâce à des formalités simplifiées pour les entrepreneurs...
-
Intégrer un nouvel associé dans l'entreprise : conseils et précautions
Intégrer un nouvel associé dans une société n’est pas un acte anodin. Cette opération a notamment des incidences sur le capital social et la répartition des parts sociales entre les...
