Comment estimer la valeur d'un fonds de commerce en vue d'une vente ?

À un moment de son existence, et en particulier en vue de sa vente, une entreprise peut être amenée à céder son fonds de commerce, c’est-à-dire les éléments incorporels et corporels qui la composent. Il existe plusieurs méthodes pour évaluer ce fonds de commerce. Cette évaluation permet de définir une fourchette de prix qui sert de base à la négociation entre le vendeur et l’acheteur.
Qu’appelle-t-on le fonds de commerce d’une entreprise ?
Le fonds de commerce d’une entreprise est composé en général d’éléments incorporels et corporels. Les premiers désignent la clientèle, nommée aussi l’ « achalandage », ainsi que le droit au bail conclu avec le propriétaire des locaux de la société. La clientèle regroupe de nombreux éléments tels que le nom commercial de la société, les droits de propriété industrielle (brevets, marques, procédés de fabrication, etc.). La cession d’un fonds de commerce ne peut pas être réalisée sans cette clientèle.
Le fonds de commerce est aussi composé d’éléments corporels. Ces derniers désignent deux grandes composantes d’une entreprise : le matériel et les marchandises. Le matériel détenu par une entreprise (mobilier, véhicules, etc.) fait l’objet d’un inventaire détaillé et estimatif obligatoire destiné aux services fiscaux. Cet inventaire du matériel, qui compose donc le fonds de commerce d’une entreprise, est précieux pour évaluer ce dernier en vue d’une vente.
Le fonds de commerce ne comprend pas les dettes et les créances de l’entreprise, ses immeubles ou encore ses contrats commerciaux. En revanche, un fonds de commerce est cédé obligatoirement avec les contrats d’assurance souscrits par l’entreprise, ainsi que les contrats de travail signés avec les salariés.
Comment évaluer le fonds de commerce d’une entreprise ?
Il n’existe pas de méthode « officielle » pour évaluer le fonds de commerce d’une entreprise, notamment en vue de sa vente. Toutefois, deux principales procédures sont le plus souvent utilisées, mêmes si elles diffèrent notamment en fonction des secteurs d’activité. C’est pourquoi il est conseillé de faire appel à un professionnel tel qu’un expert-comptable ou un commissaire aux apports par exemple pour procéder à l’évaluation d’un fonds de commerce. Ou, en tous les cas, il est conseillé de l’estimer à l’aide de plusieurs méthodes et de comparer entre eux les résultats obtenus pour obtenir une évaluation correcte du fonds de commerce.
Une évaluation d’après le chiffre d’affaires de l’entreprise
Cette méthode consiste à prendre en compte le chiffre d’affaires (hors taxes ou toutes taxes comprises selon les cas) de l’entreprise sur un an et d’y appliquer un coefficient. Ce dernier est défini selon les secteurs d’activité. Il est possible de se procurer la liste des différents coefficient auprès des Chambres de commerce et d’industrie, des Chambres des métiers ou encore auprès de professionnels spécialisés dans la gestion d’entreprise.
Dans l’objectif d’une vente de leur fonds de commerce, les entreprises dont l’activité n’est pas encore régulière ont plutôt intérêt à considérer pour ce calcul la moyenne du chiffres d’affaires sur plusieurs années (au moins 3 ans). Celles, au contraire, dont l’activité est en pleine expansion, doivent davantage se baser sur les projections de chiffre d’affaires à venir.
Une évaluation d’après les bénéfices de l’entreprise
Il est également possible d’évaluer le fonds de commerce d’une entreprise en vue de sa vente d’après ses bénéfices, c’est-à-dire d’après sa rentabilité. Pour ce calcul, il faut considérer le résultat comptable de l’entreprise auquel et ensuite appliqué un coefficient entre 3 et 5. Cette méthode donne une idée en particulier à l’acheteur de ce que pourra lui rapporter la société en termes d’affaires.
Là aussi, il est vivement conseillé de faire appel à un professionnel pour mener à bien ce type d’évaluation.
Évaluer les points forts et les points faibles du fonds de commerce
Une fois le fonds de commerce évalué à l’aide du chiffre d’affaires de l’entreprise ou de ses bénéfices, il est nécessaire d’affiner ce chiffrage en prenant en compte les points forts et les points faibles de la société, afin d’obtenir le prix qui correspond le plus à l’état de santé réel de l’entreprise.
Ainsi, différents éléments doivent être considérés : l’emplacement géographique de l’entreprise, la superficie et l’état des locaux, les modalités du bail commercial (durée, possibilités de cession, etc.), la fidélité de la clientèle, la notoriété de la société et les perspectives de l’évolution de l’activité.
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