Comment éditer une facture ? Quelles sont les mentions obligatoires ?

Pour un professionnel, une facture est un document extrêmement important. Elle atteste des conditions de vente d’un produit, d’une marchandise ou d’un service et revêt donc une valeur juridique majeure en cas de problème en particulier. Une facture représente aussi un justificatif comptable et fiscal et sert de preuve pour tout ce qui concerne les droits par rapport à la TVA. C’est pourquoi la manière d’éditer ce document est régie par des textes légaux qui précisent notamment les mentions obligatoires qu’une facture doit comporter.
Quand une facture est-elle obligatoire ?
Une facture est un document rédigé en langue française, de nature commerciale, comptable et fiscale qui détaille les transactions d’une entreprise (ventes et achats) et valide les conditions de ces transactions. Elle représente une preuve juridique et constate le droit de créance du vendeur. Comptablement, une facture sert à l’établissement des comptes annuels de l’entreprise. Elle a également un rôle en matière fiscale car elle fait office de support à l'exercice des droits sur la TVA (collecte et déduction) et au contrôle de l'impôt.
Une facture doit être obligatoirement éditée pour toutes les prestations de service ou de ventes de marchandises entre professionnels, y compris pour les ventes à distance. Elle est établie en 2 exemplaires et l’original est remis au client. Une entreprise qui ne respecte pas les règles de facturation peut se voir appliquer une amende de 15 euros par facture concernée. En cas de facture de complaisance, fictive, ou le fait de ne pas établir de facture du tout est passible d’une amende pénale pouvant aller jusqu’à 75 000 euros.
Une facture doit être émise dès la réalisation d’une vente d’un produit ou d’un service. On admet généralement un délai de 15 jours suivant l’opération commerciale effectuée pour l’éditer. Si plusieurs ventes sont réalisées dans un même mois civil au profit d’un même client, la facture peut être éditée de manière périodique ou récapitulative pour cette durée.
En tant que document comptable notamment, une facture doit être conservée pendant 10 ans.
Les mentions obligatoires à faire apparaître sur une facture
L'identité de l’entreprise qui vend un produit ou une prestation de service
L’identité de l’entreprise qui édite une facture doit obligatoirement être mentionnée sur ce document. Il s’agit de sa dénomination sociale ou du nom et prénom dans le cas d’un entrepreneur individuel, de l’adresse de son siège social, de son numéro de Siren, de Siret ou de son code NAF selon les cas, de sa forme juridique, de son capital social pour les sociétés, du numéro RCS et la ville du greffe d’immatriculation pour les commerçants et du numéro au répertoire des métiers et du département d'immatriculation pour les artisans.
L’identité du client
Une facture doit comporter les informations concernant l’identité du client : sa dénomination sociale s’il s’agit d’une entreprise, son nom dans le cas d’un particulier, son adresse ainsi que celle de livraison des produits ou services vendus.
Le numéro de la facture
Une facture doit être obligatoirement numérotée. Ce numéro est unique par facture et doit apparaître sur toutes les pages du document. Il est défini suivant une séquence chronologique et continue, méthode qui permet d’éviter qu’une facture ne soit supprimée.
À noter que si un bon de commande a été édité, son numéro doit apparaître sur la facture.
La date de la facture
Une facture doit mentionnée la date à laquelle elle a été émise.
La date de l’opération commerciale effectuée
La date de la vente d’un produit ou d’une prestation de service doit apparaître sur la facture.
Le numéro individuel d'identification à la TVA
L’entreprise qui édite une facture doit obligatoirement mentionner son numéro individuel d’identification à la TVA, ainsi que celui de son client sauf si ce dernier n’est pas redevable de la TVA. À noter que cette obligation ne concerne pas les factures dont le montant est inférieur ou égal à 150 € HT.
Le taux de TVA applicable
Le taux de TVA appliqué par une entreprise lors de ses ventes doit être clairement mentionné sur une facture, en particulier si la transaction commerciale implique différents taux de TVA.
La désignation des biens ou services vendus
Les biens ou les prestations de services vendus par un professionnel doivent être précisément dénommés sur une facture, ainsi que leur quantité, leur prix unitaire hors taxes et le taux de TVA appliqué, et, le cas échéant, les remises ou rabais consentis. Une facture mentionne aussi la somme totale à payer hors taxes et toutes taxes comprises.
La date du règlement
Une facture doit mentionner la date d'échéance du règlement et les pénalités en cas de retard dont notamment le montant de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement.
Dossiers similaires
-
Le DAF (Directeur Administratif et Financier) : quelle fonction dans l'entreprise ? Le DAF (Directeur Administratif et Financier), souvent appelé simplement directeur financier, est en lien direct avec le chef d’entreprise (ou l’équipe dirigeante). Il occupe un poste de cadre...
-
Fermer son auto-entreprise : formalités et procédure pour arrêter son activité La fermeture d’une auto-entreprise est aussi simple que son ouverture. De plus, il s’agit d’une formalité gratuite, il convient juste de suivre le mode d’emploi pas à pas pour éviter les...
-
Auto-entrepreneur : comment déclarer son chiffre d'affaires ? L’auto-entreprise est un régime simplifié d’un point de vue fiscal et comptable allégeant considérablement les formalités liées à la création d’entreprise et à la déclaration des...
-
Qu'est-ce que la CVAE ? Comment la calculer ? La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) est une contribution due par les entreprises et les travailleurs indépendants aux collectivités territoriales telles que les communes,...
-
Contrôle fiscal dans une entreprise : comment ça se passe ? La Direction Générale des Finances Publiques vient d’entrer en contact avec votre entreprise et vous en êtes surpris. Il ne vous semble pas ne pas avoir suivi la législation fiscale au pied de...
-
Chiffre d'affaires : quelle définition ? Comment est-il calculé ? Le chiffre d’affaires est une donnée clé pour une entreprise. Il s’agit du montant hors taxes des affaires que réalise l’entité dans l’exercice de son activité. Utile pour évaluer la...
-
Escompte bancaire : définition, utilité ? Un escompte bancaire a pour but, pour une entreprise commerciale, de disposer d'argent immédiatement après avoir vendu un produit ou un service, c'est-à-dire sans attendre le paiement de son...
-
Intrapreneuriat : définition, caractéristiques et mise en place L’intrapreneuriat est une pratique qui consiste à permettre à des salariés d’une entreprise de disposer des moyens et du temps nécessaires pour réfléchir et agir afin de créer et...
-
Marché de niche : qu'est-ce que c'est ? Quelles caractéristiques ? Qu’est-ce qu’un marché de niche ? La stratégie de niche est une stratégie de concentration dans laquelle l'offre vise à résoudre un problème spécifique. Le produit ou l’offre de service...
-
Solde Intermédiaire de Gestion (SIG) : définition et utilité. Comment le calculer ? En comptabilité, on parle de Solde Intermédiaire de Gestion (SIG) pour désigner un indicateur crucial pour un entrepreneur car il lui permet de mesurer au plus près les performances économiques...
-
Qu'est-ce que le dropshipping ? Peut-on monter un business sur ce concept ? Quelles limites ? Le dropshipping est un business model simple à lancer sur le papier, vu comme un Eldorado pour certains. Pour autant, les entrepreneurs qui réussissent à percer avec le dropshipping ne sont pas si...
-
Comment estimer les charges de sa micro-entreprise ? Créer une microentreprise présente l'avantage de pouvoir créer et développer une activité professionnelle très simplement grâce à des formalités simplifiées pour les entrepreneurs...
