La cessation de paiements pour une entreprise : explications, conséquences

Une entreprise est considérée en cessation de paiements, état aussi appelé « dépôt de bilan », lorsqu’elle est dans l’impossibilité de faire face à ses dettes avec son actif disponible, c’est-à-dire les biens et les droits qu’elle possède tels que des bâtiments, du matériel, un fonds de commerce, des créances ou encore des brevets déposés. Cette situation implique notamment d’effectuer une déclaration auprès du tribunal de commerce ou du tribunal de grande instance.
Les entreprises concernées par une cessation de paiements
Toutes les entreprises, quelle que soit la nature de leur activité (commerciale ou artisanale), les entrepreneurs individuels et les micro-entrepreneurs, ainsi que les professions libérales peuvent être déclarés en cessation de paiements. Cette dernière désigne une situation où l’entreprise est dans l’impossibilité de régler ses dettes avec les biens qu’elle détient.
À partir de quel moment une entreprise est-elle considérée en cessation de paiements ?
Le patrimoine d’une entreprise commerciale est constitué d’un actif et d’un passif. L’actif désigne tous les biens (bâtiments, fonds de commerce, matériel, créances, brevets, etc.) de l’entreprise. Il donne une photographie de l’état de ses ressources. On distingue l’actif immobilisé (fonds de commerce, matériel, etc.) de l’actif circulant (créances, solde bancaire créditeur, stocks, salariés, etc.) qui peut être transformé en liquidités immédiatement ou à très court terme.
Le passif d’une entreprise désigne quant à lui ses sorties de ressources. Il est constitué de ses capitaux propres (le passif immobilisé) et de ses dettes (passif circulant). En comptabilité, l’actif doit toujours être égal au passif. Si les liquidités du passif sont supérieures à celles de l’actif, l’entreprise est considérée en cessation de paiements. Le passif pris en compte pour définir cet état de fait est l’ensemble des dettes exigibles tout de suite par les créanciers (factures arrivées à échéance ou salaires à verser par exemple).
Comment déclarer la cessation de paiements d’une entreprise ?
Une fois que la comptabilité d’une entreprise fait le constat d’une situation de cessation de paiements, son représentant légal (gérant, président, entrepreneur individuel, etc.), et uniquement lui, doit déposer obligatoirement une déclaration de cessation des paiements dans les 45 jours maximum. Le représentant légal a la possibilité de se faire représenter par la personne de son choix à condition qu’il lui fournisse une procuration nominative. Il peut s’agir par exemple d’un avocat.
Dans le cas d’une entreprise avec plusieurs gérants, la déclaration de cessation de paiements doit être signée par tous les co-gérants.
Cette déclaration doit être effectuée auprès du greffe du tribunal de commerce pour les commerçants, les sociétés commerciales (SARL, société anonyme, etc.) ou les artisans. Les professions libérales et les professions agricoles doivent s’adresser au greffe du tribunal de grande instance du lieu du siège de leur entreprise.
La déclaration de cessation de paiements nécessite de joindre certaines pièces : l’extrait d'immatriculation de l’entreprise au RCS (extrait K ou Kbis) pour un commerçant ou au répertoire des métiers (RM) pour un artisan ; l’état de son passif exigible et de son actif disponible ; l’état chiffré de ses dettes et créances mentionnant les coordonnées des sociétés ou personnes concernées ; les comptes annuels de son dernier exercice ; la situation de sa trésorerie ; le chiffre d’affaires à la date de la clôture de son dernier exercice comptable ; l’inventaire des biens de l’entreprise ; le nombre de salariés ou encore la pièce d’identité de son représentant légal.
Les conséquences d’une déclaration de cessation de paiements
Une fois déclarée en cessation de paiements auprès des tribunaux, une entreprise doit demander l’ouverture d’une procédure de redressement (procédure collective destinée à permettre la continuation ou la cession de l’entreprise) ou de liquidation judiciaire (impossibilité de redressement pour l’entreprise) à l’aide du formulaire « Demande d'ouverture de procédure de redressement ou de liquidation judiciaire ». L’entreprise a également 45 jours maximum pour effectuer cette démarche. Pendant ce délai, elle peut néanmoins demander une procédure de conciliation qui a pour but de trouver un accord amiable entre l'entreprise et ses principaux créanciers.
L’obligation pour une entreprise de déclarer auprès des tribunaux sa cessation de paiements permet notamment aux juges, après audit dans les 15 jours qui suivent la déclaration, du dirigeant, des salariés, etc., d’étudier la situation de la structure, délai nommé « période suspecte », et éventuellement de détecter des fautes de gestion qui peuvent soit être « réparées » pour permettre d’assainir les comptes de l’entreprise, soit d’écarter le dirigeant, ou toute autre personne, de l’entreprise.
En fonction de l’analyse de la situation de l’entreprise en difficulté concernée, le juge peut décider le report de la date de sa cessation de paiements pour trouver des solutions, prononcer sa mise en redressement judiciaire ou sa mise en liquidation.
Dossiers similaires
-
Expert comptable en ligne : avantages, inconvénients, prix
L’expert comptable est un professionnel clé pour une entreprise. S’il se charge de la gestion et du suivi de sa comptabilité, il intervient également dans un plus vaste champ de domaines et il...
-
Délégation de pouvoirs : qu'est-ce que c'est ? Quand l'utiliser ?
Un chef d’entreprise peut crouler sous une importante charge de travail pour plusieurs raisons, notamment dans le cadre de certaines périodes plus intenses d’un exercice, d’un développement...
-
Comment calculer les pénalités de retard de paiement entre entreprises ?
Dans la majorité des cas, le délai de paiement d’une facture est fixé à 30 jours après réception du produit ou après l’exécution de la prestation. Néanmoins, selon les conditions...
-
Qu'est-ce qu'une procédure de conciliation ? Comment la mettre en place ?
Chaque jour, des entreprises rencontrent des situations financières difficiles et s’avèrent dans l’incapacité de s’acquitter de leurs dettes. Pour accompagner les entreprises éligibles, la...
-
Quel est le rôle du liquidateur d'entreprise ? Qui le nomme ?
Lorsqu’une entreprise est en liquidation judiciaire, un liquidateur doit être nommé afin de mener à bien cette opération. Ce liquidateur peut être désigné par les associés ou par le...
-
Organigramme en entreprise : quelle utilité ? Comment le mettre en place ?
Un organigramme est très utile à concevoir pour une entreprise, surtout lorsqu’elle se développe. Il s’agit d’un schéma destiné à représenter visuellement la structure d’une...
-
E-commerce : quelles obligations légales pour son site de vente en ligne ?
Lorsqu’une entreprise fait du e-commerce, elle est soumise à certaines obligations légales que son site de vente en ligne doit comporter. Mentions légales, conditions générales de vente,...
-
Sous-traiter l'établissement des bulletins de paie : avantages et inconvénients
L’établissement des bulletins de paie est une responsabilité qui incombe bien souvent au département des Ressources Humaines. Et c’est une tâche qui demande à la fois beaucoup de travail et...
-
Régime social des indépendants : 5 points essentiels à connaitre !
Le régime social des indépendants a évolué depuis quelques années. En effet, l’ancien système qu’était le RSI – pour régime social des indépendants – a été remplacé en 2018 par la...
-
Augmentation de capital : pourquoi, quand, comment ?
Pour améliorer la situation financière d’une entreprise, associer de nouveaux actionnaires ou encore développer une activité, l’augmentation du capital peut être une solution intéressante....
-
Factures d'acompte : définition, quand et pourquoi les utiliser ?
Dans le cadre de l’achat d’un bien ou d’une prestation de service, l’entreprise peut demander à son client de lui verser un acompte avant la livraison du bien ou la réalisation de la...
-
Cyberattaque en entreprise : comment s'en prémunir ?
Avec l'essor du numérique depuis les années 2000, les entreprises se sont dotées d'outils informatiques pour leur organisation et leur production, et un grand nombre de leurs informations, voire...
